Silence des bêtes et art des pièges politiques

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Gérard CHAROLLOIS le dimanche 27 novembre 2011
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Du silence des bêtes à l’art des pièges politiques

La dictature capitaliste, fascisme de renard, en avilissant et saccageant le monde, obnubile les esprits au point d’empêcher l’immense majorité des contemporains de mesurer l’enfer des animaux que constitue cette société.
La culture ambiante sécrétée par les libéraux – conservateurs imprègne tout d’un égoïsme desséchant, du chacun pour soi, du sauve-qui-peut, du rejet de la compassion et de la solidarité.
Dégradante pour l’humain, la morale capitaliste ne pouvait être que négationniste des droits des autres animaux réduits au rang de pures marchandises.
Les malheurs sociaux font apparaître à d’aucuns bien subalternes nos préoccupations de biocentristes.
Comment militer pour l’amélioration de la condition animale lorsque la pauvreté, la précarité, la dégradation des services publics menacent les individus et leurs proches, victimes des dogmes de la loi du Marché ?

Comment faire entendre, dans le vacarme de la propagande officielle, que l’injustice et la violence ne se divisent pas et que le sort de tous les êtres vivants se tient ?
Les candidats aux diverses fonctions électives, les partis politiques dits de gouvernement se gardent bien d’évoquer l’insoutenable souffrance des animaux d’élevage en batterie, les massacres inconsidérés des chasseurs, les horreurs ordinaires infligés à des êtres sensibles au nom du profit, des traditions et parfois des dieux lors des « sacrifices rituels ».

C’est que les bêtes, la nature, la biodiversité sont sans voix.
Leurs agonies infinies ne suscitent d’indignations que dans des cercles militants délibérément censurés et caricaturés par la presse débile, relais des lobbies de la mort et supports des conformismes bêlants.
Les tueurs et exploiteurs du vivant disposent de moyens financiers importants, de réseaux traditionalistes, de la complicité du pouvoir conservateur.
Le parti du vivant n’existe pas encore et a peine à se définir et s’agréger, car le monde de la protection animale est une nébuleuse sans centre de gravité, sans claire conscience politique, sans cohérence idéologique.
La naïveté y côtoie la pusillanimité, alors qu’en face le cynisme, l’argent, le pragmatisme assurent le triomphe de la férocité contre les femmes et hommes de mieux.

Les VERTS auraient dû constituer ce pôle de progrès des mœurs et des manières.
Loin de promouvoir l’éthique animale, ils viennent d’offrir à la nocive droite de l’argent l’arme atomique, cadeau prodigieux entre les mains expertes des démagogues et populistes, cadeau inespéré bienvenu pour faire oublier les régressions, les échecs, les mensonges passés du parti des oligarques de la finance.

Avec des maladresses confinant au masochisme et à l’autolyse par acte manqué, ils ont renié, plus par silence que par affichage déclaré, l’éthique écologiste (défense de la nature), perdant ainsi leur raison d’être et leur électorat.

Du côté associatif, les protecteurs des animaux, faute de distinguer le pire et le moindre mal, c’est-à-dire leur droite et leur gauche, faute d’intégrer que le progrès de la cause animale est indissociable du progrès humain, se condamnent à une impuissance qui se révèle constamment depuis des décennies de luttes vaines pour faire avancer les consciences et les lois.

En revanche, face à nous, les ennemis de la terre ont à la fois leur parti, certes marginal, mais gangrénant ses alliés de droite et des lobbies qui ont longtemps financé et soutenu ce micro-parti.
Or, globalement, la société opinerait davantage pour nos valeurs que pour celle du CPNT.
Manque seulement, à gauche, bien sûr, pas « ni à gauche, ni à droite », l’antidote du CPNT, qui lui est bien à droite.

Puisque les VERTS, par leurs options aussi désastreuses en la forme que dérisoires au fond, se sont éloignés du biocentrisme, il faudra promouvoir un mouvement écologiste, social, novateur, incluant l’éthique animale, sans toutefois se réduire à cette seule éthique.
Avec sa spécificité, ce mouvement aura vocation à gouverner, c’est-à-dire à s’unir aux partis de progrès des mœurs et des manières que sont les divers formations socialistes et écologistes puisque le combat est dirigé contre l’exploitation, le lucre, la spéculation, les traditions, c’est-à-dire le conservatisme négateur des droits du vivant.

J’affirme que toute aventure politique en apesanteur, isolationniste, sans enracinement dans la pensée et l’Histoire, est vouée à l’échec, voire à l’inexistence.

Par ailleurs, la société doit être gouvernée par des majorités plurielles, des coalitions de forces complémentaires garantes de la diversité des opinions et des intérêts.
Le monolithisme est une faute contre l’esprit.
En cela, les VERTS ont raison de s’allier avec les partis de progrès des mœurs et des manières, contre le parti du fascisme financier, bien que par leurs enfantillages ils compromettent la victoire même de ceux qu’ils rejoignent.

Agir dans la sphère publique ne doit pas viser à se faire plaisir, à s’admirer pur et épurant sans cesse les moins purs, mais à être efficace dans le combat contre la cruauté et les misères.

C’est en entrant dans une majorité de gouvernement que les abolitionnistes de la chasse, de la corrida, des abattages rituels, de l’élevage concentrationnaire, pourront peser sur les décisions de demain.

Combattre le CPNT, (donc l’UMP), le mépris du vivant, la croissance quantitative destructrice de nature ne sera pas affaire de posture mais de rapports de forces au sein d’une majorité politique opposée à celle qui mène présentement le monde à son déclin moral, à sa ruine écologique, à l’injustice sociale.
A nous de convaincre des alliés potentiels et de ne pas confondre les médiocres avec les mauvais.
A nous de ne pas offrir de cadeaux à ceux qui citent volontiers JAURES pour endormir le prolétaire, puis qui célèbrent le FOUQUETS-CLUB, ceux pour lesquels tout fait divers tragique constitue une occasion d’ameuter les masses politiquement non averties.
Ces temps-ci, en France, le mauvais débat sur le nucléaire me fait regretter la présidentielle de 1981 et le grand art politique du leader socialiste de l’époque.
François MITTERRAND avait annoncé qu’il abolirait la peine de mort, ce qu’il fit le 2 octobre 1981 avec l’ardent enthousiasme de Robert BADINTER.
Or, si 66% des Français de 2011 approuvent l’abolition de l’assassinat judiciaire, l’idée était très minoritaire en 1981.
Aussi, sans cacher la poussière sous le tapis, sans taire son intention abolitionniste, l’habile candidat socialiste sut ne pas faire de cette question polémique le centre de sa campagne.
Ne pas dissimuler, ne pas cacher la poussière sous le tapis n’imposent pas qu’on secoue le tapis dans l’assiette des convives, ce qui est le plus sûr moyen de les voir fuir !
Attention danger, par-delà nos passions légitimes, nos états d’âme, nos susceptibilités :
N’en prenons pas encore pour cinq ans fermes.
Unité d’abord contre le parti de la chasse, du béton, des traditions  !

Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ETRES VIVANTS ET DES EQUILIBRES NATURELS.

Source :
www.ecologie-radicale.org/actu/new_news.cgi?id_news=2293

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