Une vie est une vie

Vivre en Harmonie

Juin 2013

POINT DE VUE

Une vie est une vie

par Jean-Louis SCHMITT

Il est intéressant à plus d’un titre d’observer le comportement de l’Homme face aux bêtes qui l’entourent ! Les attitudes qui en découlent sont notamment révélatrices de la passion qui anime certains individus, de l’amour inconditionnel qui constitue le moteur d’autres mais aussi de la haine ou de l’aversion ressenties et souvent extériorisées par d’aucuns ! Une certitude au final : les animaux ne sont pas égaux – loin de là – face à notre conduite envers eux…

Si les animaux dits « de compagnie » bénéficient généralement d’un traitement relativement enviable par rapport à nombre d’autres espèces, la maltraitance pour autant est loin d’être rare ! L’ensemble des refuges et des bénévoles qui y œuvrent peuvent en témoigner : les cas connus et régulièrement traités sont légion et, à force, relèvent d’une affligeante banalité ! On peut dès lors imaginer le sort d’autres bêtes ne bénéficiant pas, quant à elles, de la même attention ni même souvent de la plus élémentaire sollicitude…

Prenons l’exemple des animaux d’élevage !

Il caractérise idéalement cette hiérarchisation volontairement instaurée par l’homme au demeurant également consommateur d’aliments carnés. Ainsi, ne traite-t-on pas de manière identique son chien et un veau destiné par définition à l’abattoir ! Il y a le veau bien sûr mais on pourrait également citer le cochon (si adorable, gentil et intelligent pour qui le connait un tantinet), le poulet (qui sait également être un compagnon attaché à son protecteur si on lui en donne l’occasion), le joli et tendre agneau, le gracieux lapin… et tous les autres, nés, élevés et tués pour assouvir l’appétit insatiable de l’espèce (autoproclamée dominante) la plus meurtrière d’entre toutes !

Elles sont ainsi des millions, ces pauvres bêtes, à ne connaître aucun autre avenir que l’assiette du consommateur en passant cependant préalablement par bien des affres, des étapes cruelles et indignes durant leur courte vie. Mais, tout ceci, le producteur l’occulte soigneusement, quant au consommateur, il ne veut surtout pas en entendre parler sous peine d’écorner un tant soit peu son plaisir gustatif…

Il y a d’autre part, les animaux dont on s’amuse !

Bien qu’il n’en soit pas l’unique victime, le taureau de corrida en est certainement l’exemple le plus patent ! Malheureuse créature, jetée littéralement en pâture à ses bourreaux sanguinaires sous les acclamations d’une foule stupide mais non moins avide de spectacles cruels et sordides… Sous prétexte de « tradition ancestrale » se poursuivent ainsi en toute légalité de tels immondes massacres et ce en dépit de la réprobation du plus grand nombre !

Autre « tradition » non moins abjecte : la chasse !

Là encore, l’hypocrisie la plus totale est de rigueur : ainsi, les adeptes de ces tueries organisées, se targuent-ils sans rougir de participer à la « régulation des espèces » voire même, et c’est un comble, de préserver la biodiversité… Tout cela en détruisant systématiquement et méthodiquement les rares prédateurs naturels survivants ! Allez comprendre…

Hormis le cas certes préoccupant de la densité de certaines espèces (en particulier le sanglier dont il conviendrait peut-être auparavant de cesser l’agrainage intensif dans certains secteurs…) il ne fait aucun doute qu’à notre époque, plus aucun plan de chasse ne se justifie réellement ! Du reste, afin d’assouvir leurs irrépressibles pulsions funestes, les chasseurs ne sont-ils pas régulièrement contraints de procéder à des lâchers « d’animaux de tirs » ? Ces véritables cibles vivantes (faisans, perdrix, cailles, canards colverts mais également parfois des cervidés…) sont élevées dans le seul but de satisfaire le plaisir vaguement malsain de quelques titulaires d’un permis de chasser que ceux-ci comptent bien « rentabiliser » quoi qu’il en soit !

…et l’expérimentation animale !

Ils sont, là encore, des millions à subir jour après jour des « expériences » aussi stupides que (pour la plus grande part) parfaitement inutiles : les animaux de laboratoire (de la souris au macaque en passant par les chiens, lapins etc.) payent en effet un très lourd tribut à la recherche en général sous prétexte de faire avancer « la science » ! Que l’on m’explique où est le progrès dans le fait de tester à longueur d’année des médicaments sur des rats en sachant parfaitement que le modèle animal n’est pas forcément transposable à l’humain !

Que l’on m’explique aussi en quoi on fait avancer la science en faisant fumer de force des lapins alors qu’on connait pertinemment et depuis fort longtemps la toxicité du tabac !

La pêche industrielle aussi…

Toujours sous couvert du prétexte imparable consistant à vouloir nourrir l’humanité, on vide consciencieusement et systématiquement les mers et les océans de leurs habitants. Les méthodes modernes de chalutage (assistées par satellites !) ne laissent aucune chance aux bancs de poissons pourchassés en raclant (et détruisant) au passage les fonds marins qui ont mis des millénaires à se constituer… Le gaspillage au final est monstrueux mais, nul ne semble vraiment s’en soucier, pas même les marins-pêcheurs qui, pourtant, devraient se rendre compte qu’ils sont en train de s’autodétruire ! Qu’importe : pour l’heure et en tout incohérence, c’est toujours et encore la politique du profit immédiat qui prévaut !

…et la fourrure !

On croyait cette fichue mode tombée en désuétude, voilà que la fourrure, grâce ou plus exactement à cause de quelques « créateurs » sans scrupules, revient en force ! Tout y passe : des animaux élevés dans ce but (lapins, visons, renards…) mais aussi ceux issus du piégeage (castors, blaireaux…) sans oublier les chiens et les chats qui, cycliquement disparaissent… Ce ne sont pas moins de 60 millions d’animaux tués chaque année, victimes de la « mode »…

Sans oublier toutes les destructions de biotopes !

Protéger les animaux sauvages est une chose. Détruire leur espace vital anéanti cependant toute tentative dans ce sens ! Il en est ainsi du grand hamster tout comme du tigre dont, bientôt, les seuls survivants ne seront plus que ceux vivants dans des zoos ! La destruction systématique d’immenses espaces (en particulier pour y installer des plantations de palmiers à huile ou encore pour l’exploitation des bois tropicaux…) sonne ainsi le glas pour des milliers d’espèces animales dont, paradoxalement, certaines ne sont même pas répertoriées…

Voilà un petit tour d’horizon (non exhaustif) sur la capacité de nuisance de l’Être Humain : celui-là même qui se prétend doté d’intelligence et ne cesse pourtant de courir à sa propre perte en entraînant dans son sillage nombre d’espèces qui se passeraient fort bien de cet intrus décidément diablement inconscient et destructeur !

« Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie » scandait avec raison Malraux. Certes ! A l’évidence pourtant : les vies ne valent pas toutes la même chose…

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