À propos des dégâts causés par les corbeaux dans les champs de maïs

Jean-Louis Schmitt de Rauwiller réagit à l’article « Les corbeaux, un poison pour le maïs » (DNA du mardi 25 juin 2013, édition de Wissembourg).

« Même si le cas décrit concerne un agriculteur bio, il est surprenant et vaguement déplacé de voir les corvidés assimilés à un “poison” alors même que ces oiseaux ne font que se nourrir !

Il est certes déplorable, j’en conviens bien volontiers, de se voir piller ainsi ses champs, cependant et sans trop entrer dans les détails, il est non moins largement établi qu’en matière d’empoisonnement des sols et, par la force des choses, de l’eau et de l’air… les méthodes d’agriculture conventionnelle en sont très largement responsables ! Et cela pourtant laisse les principaux acteurs et décideurs totalement indifférents…

Les corbeaux se servent là où ils le peuvent ! Cet amer constat ne devrait pas pour autant occulter une autre déplorable réalité : en effet, le déséquilibre des populations animales est patent et, là encore, totalement imputable aux activités et aux interventions (souvent malheureuses) humaines ! De fait, les corvidés se retrouvent sans quasiment aucun prédateur hormis l’homme qui, c’est bien connu, refuse néanmoins de se remettre en question…

L’histoire pourtant, devrait nous servir de leçon : ainsi, la Chine de Mao s’en était-elle prise en son temps aux moineaux accusés là aussi, de piller les récoltes. Ont suivi des campagnes de destruction massive de ce petit passereau, ce qui provoqua rapidement une prolifération… d’insectes ravageurs qu’il fallut détruire à leur tour par des épandages monstres de pesticides !

On connaît la suite : si beaucoup de ravageurs ont été éliminés, les pollinisateurs le furent également, et on se trouva dans une situation bien pire encore qu’auparavant avec notamment d’épouvantables famines ! Actuellement, la Chine — mais pas que — est toujours confrontée à cette carence d’insectes si utiles à l’agriculture, au maraîchage, à la production de fruits…

Moralité : on ne touche pas impunément à la chaîne du vivant et, lorsque malgré tout on le fait, il faut en payer le tribut qui se manifeste immanquablement par de monstrueux dérèglements ! »

Dernières Nouvelles d’Alsace, publié le 27/06/2013.
Lettre reproduite avec l’autorisation de son auteur.

Photo des Joubarbes. Réglisse, jeune corneille noire (Corvus corone). Copyright 2013 J.L.S.

Réglisse, jeune corneille noire (Corvus corone).
© 2009 J.L.S.

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