Rentrée rouge sang !

Photo de retour de battue

Retour de battue.
© 2013 JLS.

Vivre en Harmonie

Octobre 2013

POINT DE VUE

Rentrée rouge sang !

par Jean-Louis Schmitt

Comment l’ignorer ? Il suffit de mettre le nez dehors pour savoir « qu’ils » sont de retour ! La nature, un temps paisible et accueillante, est à nouveau le terrain de jeu favori de quelques milliers de malades de la gâchette… ce qui n’empêche nullement les malfaisants en question de beugler haut et fort que, sans eux, le bel « équilibre » des espèces serait à coup sûr rudement mis à mal !

Faut-il être naïf ou particulièrement ignorant pour avaler de telles couleuvres ! La réalité est naturellement tout autre puisque c’est une véritable guerre qui est menée contre des animaux déjà particulièrement malmenés par le développement permanent de l’urbanisation et donc la réduction incessante des biotopes, la destruction des haies et autres abris ou encore, tout simplement, parce que victimes quotidiennes des voies de circulation routière, j’en passe et des meilleures…

Assurément et contrairement à ce qu’affirment les adeptes de ceux qui se nomment volontiers « sportifs » mais qui ne sont en fait que des pratiquants d’un jeu singulièrement cruel, la nature n’aurait nul besoin de leur intervention maléfique et mortifère ! Du reste, à quelques très rares exceptions près, les espèces sauvages ont bien du mal à survivre dans ce milieu rural de plus en plus hostile : elles y parviennent cependant au prix d’un combat pour la vie particulièrement âpre et aléatoire ! Passons la discutable « prolifération » des sangliers qui, localement, peut poser problème : ce sont les chasseurs eux-mêmes qui ont longtemps favorisé ces explosions démographiques afin, au passage, de s’assurer de plaisants tableaux de chasse et, par la même occasion, de justifier leur « indispensable » et incontournable activité !

Lâchers d’animaux d’élevage.
Ailleurs, la campagne a tant été vidée de l’ensemble de sa faune autochtone, massacrée sans pitié, que des millions d’animaux d’élevage doivent être, année après année, lâchés pour permettre aux tireurs d’assouvir leurs pulsions sanguinaires. Les rares prédateurs sauvages survivants, profitant de l’aubaine que représente l’arrivée de ces proies faciles, sont évidemment durement pourchassés pour éviter de coûteux et inacceptables [pour les chasseurs] prélèvements !

Bien que se coltinant à juste titre une image plutôt négative dans l’opinion publique et étant, en fait, fort peu nombreux [les chasseurs représentent à peine 2% de la population…], ceux-ci n’en sont pas moins régulièrement flattés et loués par les politiques de tous bords ! Pratiquant souvent eux-mêmes ce « loisir » pernicieux, les élus en question s’arrangent avec un zèle inouï pour attribuer de nombreuses tolérances et autres dérogations à leurs amis ! La « caste » est soudée et remarquablement solidaire ce qui, pour toute autre cause de bienfaisance, serait à ériger en exemple…
En l’occurrence, c’est de crimes contre la nature et le vivant dont il est question ce qui, vous en conviendrez, n’est nullement flatteur pour les protagonistes ! Et pourtant…

Depuis des lustres on fait gober des inepties aux péquins moyens qui se gardent bien de faire usage de leur libre-arbitre et acceptent sans mot dire cette atroce standardisation de l’acte de tuer des êtres sans défense ! Les médias, généralement complaisants, se contentent de relayer scrupuleusement les messages lénifiants qu’on leur dicte et refusent non moins communément toute polémique susceptible de provoquer l’ire de leurs amis porteurs de fusils…
Encore tout un symbole qui en dit bien long sur le malaise qui agite notre société où la loi du plus fort [ou du plus puissant bien évidemment] fait systématiquement autorité et où le malheureux objecteur est prestement désigné comme un dangereux individu susceptible de troubler « l’ordre public » alors même que ses préoccupations et son engagement sont pacifiques et, de fait, parfaitement respectables !

La chasse : école de la violence.
Le milieu de la chasse en est bien loin, cette activité qui, comme l’écrit très justement Gérard Charollois dans sa lettre hebdomadaire du 8 septembre dernier (1) « est une école de violence ritualisée, banalisée, ludique et en notre temps sans aucune nécessité vitale. »… « Aussi longtemps que l’homme traitera l’animal comme une chose, il traitera, à l’occasion, ses semblables comme des bêtes. La chasse a beaucoup à voir avec la guerre, puisqu’elle est une guerre sans risque faite à des êtres sans défense. Pourquoi certains hommes aiment-ils la chasse, la guerre, la violence ? Quelle part d’ombre, quelle frustration, quelle haine d’eux-mêmes et d’autrui les animent lorsqu’ils vont transformer un être vivant en cadavre sanglant ?
La force mauvaise qui habite le guerrier et le chasseur existe encore et fait planer sur nos sociétés l’ombre de tous les massacres, de tous les crimes innombrables dont l’homme s’est rendu coupable… » !

C’est juste, ô combien ! Pour autant, le plus grand nombre préfère s’aplatir au lieu de résister et de dénoncer tous les intolérables abus que l’on fait subir à Dame Nature…

Ministre « écolo »…
Pour terminer, encore une illustration criante du peu de considération accordée par nos édiles à la protection de la nature et des animaux ! Alors même que l’on pouvait [très brièvement certes] se réjouir du débarquement de Delphine Batho de son poste ministériel à l’Écologie où elle se sera très peu illustrée [hormis qu’elle aura joyeusement condamné quelques loups de plus], son remplaçant s’avère peut-être encore bien pire !
Ainsi, Philippe Martin -nommé le 2 juillet dernier ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie- est loin d’être un environnementaliste comme on aimerait en trouver un [enfin] à ce poste : cumulard [comme du reste la plupart de ses collègues], le bonhomme semble bien peu sensible à la condition animale !
Ainsi par exemple est-il un des initiateurs de la loi déclarant le gavage des oies comme « patrimoine culturel » et, tout comme Valls, il applaudit sans retenue à chaque fois qu’un taureau se fait torturer à mort… Enfin, et en la circonstance c’est toujours bon à savoir : il appartient au « groupe d’étude sur la chasse » à l’Assemblée nationale (2) !

Avec tout ça, pas de doute, la nature, les bêtes et leurs trop rares défenseurs ont encore bien du souci à se faire !

 Jean-Louis Schmitt

(1) Gérard Charollois, Président de Convention Vie et Nature :
http://www.ecologie-radicale.org/

(2) Sources : Wikipédia. Voir également pour information http://www.lepoint.fr/politique/philippe-martin-le-ministre-qui-veut-rester-durable-11-09-2013

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