Arrêtons de vider les océans !

Vivre en Harmonie

Archive 2013

POINT DE VUE

Arrêtons de vider les océans !

par Jean-Louis Schmitt

Selon les dires des marins-pêcheurs eux-mêmes, la pénurie de poissons est de plus en plus patente ! Pour autant et en dépit d’une situation véritablement préoccupante, les pratiques de pêche sont toujours aussi incohérentes et de plus en plus destructrices… En fait, tout se passe comme si les ressources étaient irrémédiablement inépuisables !

Le problème n’est pas réellement nouveau : il y a plusieurs décennies que certains spécialistes tirent la sonnette d’alarme ! En vain semble-t-il puisqu’année après année, les ressources halieutiques s’effondrent tandis que, paradoxalement, la consommation mondiale de poisson est de plus en plus importante ce qui, en toute logique, constitue une équation irrésoluble ! Pour faire court : l’ensemble des pêcheurs de la planète est en train de vider gaiement les océans de leurs poissons, détruisant au passage tout un biotope qui avait mis des millions d’années pour se constituer et provoquant au passage un déséquilibre écologique effrayant !

 Ainsi, par exemple : alors que certaines zones (Terre-Neuve, Nouvelle-Angleterre…) étaient longtemps réputées receler d’extraordinaires quantités de morues, la pêche de ce poisson a dû être totalement interdite depuis plus de vingt ans en raison de l’effondrement des stocks imputé à la surpêche ! Pour autant, malgré les mesures drastiques prises, les effectifs ne se reconstituent pas… D’autres secteurs sont confrontés à la même problématique comme au Pérou où les légendaires gisements d’anchois ont également quasiment disparus tout comme en mer Baltique où c’est la raréfaction des harengs qui inquiète…

Qu’importe : les flottilles de pêcheurs s’en vont poursuivre leurs rafles infernales au large de l’Afrique tropicale, privant sans le moindre scrupule les populations autochtones de leur principal apport de protéines ! Ces captures se retrouvent naturellement aussi sur les étals européens sans que les consommateurs ne se doutent du drame qu’engendrent localement ces pêches illégales. Selon une ONG britannique qui a longuement enquêté sur le sujet (1), 90 % des navires pirates (en majorité sud-coréens) bénéficient d’accréditations frauduleuses pour exporter vers l’Union Européenne.

Toujours plus loin, toujours plus profond.

Repoussant continuellement les limites (tant en distance qu’en profondeur), s’endettant abondamment au passage pour moderniser leurs navires (plus puissants, plus rapides, armés de sonars et autres technologies révolutionnaires dans le but de localiser les bancs de poissons par satellites, munis d’immenses filets…) les pêcheurs professionnels se retrouvent de fait de plus en plus acculés par d’autres soucis, financiers ceux-là ! Certains en sont réduits à limiter leurs campagnes de pêche en raison du prix prohibitif du gazole que nécessitent leurs bateaux surpuissants et suréquipés : ceux-ci, on s’en doute, sont très gourmands et très loin d’être des modèles écologiques en la matière ! Bref, non contents de piller inlassablement les ressources en empêchant la faune aquatique de se reproduire et de se renouveler, les pêcheurs se sabordent eux-mêmes avec la complicité des banquiers ! L’ennui c’est que, après leur passage, il ne reste quasiment rien et, le vrai drame est là !

L’aquaculture, la solution ?

De plus en plus et afin de tenter de pallier au manque de poissons dans les filets, l’homme s’est imaginé en éleveur de certaines espèces particulièrement prisées ! L’idée peut certes paraître séduisante : naïvement, on peut même se dire que ce sera toujours ça de moins à être prélevé dans la nature… L’ennui c’est que pour nourrir ces poissons d’élevage, il faut… du poisson ! Beaucoup de poisson ! Les saumons, bars et autres thons sont en effet carnivores et pour satisfaire leur appétit, il faut de la matière première en quantité de laquelle on fabriquera de la farine… L’élevage s’avère par conséquent une fausse « bonne idée » puisque ne réglant en rien le problème de la pêche !

 Du poisson disponible en grande quantité.

Mais, que les amateurs se rassurent : en dépit de ce tableau vaguement sombre, il y a néanmoins encore bien du poisson disponible qui plus est, à un prix parfaitement abordable ! Le « Panga » (2) -puisque tel est son nom- est un monstre en provenance d’Asie et plus précisément du delta du Mékong ! Ce poisson d’élevage (industriel et intensif) s’est merveilleusement adapté à la captivité et, cerise sur le gâteau, a un excellent rendement (il grossit vite et beaucoup) tout en se contentant d’une alimentation « constituée principalement de farine de poissons, autrement dit, de cadavres de poissons broyés et déshydratés. Importées du Pérou, ces farines sont mélangées à des vitamines, du son de riz, du manioc du Vietnam et des résidus de soja d’Amérique, le tout cuit à très haute température » (3) « Bourrés d’hormones, de pesticides, de métaux lourds et gavés avec des aliments qui laissent à désirer, le panga est soumis à un traitement de choc. En manger expose donc le consommateur à un réel risque pour sa santé. Autre problème de taille : entre le transport en avion vers l’Europe et la nourriture importée du Pérou, ce poisson possède une empreinte écologique très importante et contribue donc fortement au réchauffement climatique. Pourtant, ces poissons sont vendus en quantité industrielle en Europe. Alors même s’il semble attractif, notamment en raison de son prix, le mieux, c’est d’éviter d’en consommer… » (4).

Ainsi va la vie (et la mort…) de la mer et des océans : leur exploitation effrénée au fil des temps constitue un véritable crime contre l’humanité ! Ces forfaits pourtant n’émeuvent pas grand-monde et les éventuelles mesures de préservation prennent grand soin de préserver surtout les intérêts économiques de marché au détriment bien entendu du milieu marin lui-même et du Vivant en général…

Heureusement, le Berger de la Mer veille.

Sea Shepherd (5) a été fondé en 1977 par Paul Watson, un ancien de Greenpeace d’où il a été lourdé en raison de ses idées vaguement trop extrémistes au goût de ses collaborateurs de l’époque… Depuis lors, le capitaine Watson et ses amis de Sea Shepherd n’ont de cesse de dénoncer la surpêche bien entendu mais s’opposent également aux scandaleuses chasses (dites hypocritement « scientifiques ») des baleines, pratiquées principalement par la Norvège et le Japon !

 La tactique de Sea Shepherd est pour le moins originale et assez peu conventionnelle : elle consiste en effet à traquer puis à éperonner -au péril de la vie des militants- les baleiniers hors la loi ! C’est que les « éco terroristes » en question ne font pas dans la dentelle : ainsi peuvent-ils se targuer d’avoir mis hors d’état de nuire au moins neufs bateaux baleiniers sans compter les sabotages divers !

Ils ont probablement sauvé ainsi des milliers de baleines, requins, dauphins, phoques… Ce n’est peut-être pas « grand-chose » en regard des destructions massives et quotidiennes pourtant, rares sont les militants à être à ce point en phase avec leurs convictions et à oser braver de la sorte les harpons assassins. Respect !

  1. Source : Environmental Justice Foundation (EJF) http://ejfoundation.org/
  2. Pour davantage de précisions : http://www.asef-asso.fr/mon-alimentation/assiettes-dangereuses/1417-le-panga-un-poisson-pourri
  3. Source : Ibidem
  4. Source : Ibidem
  5. http://www.seashepherd.fr/

    Fin de l’article de Jean-Louis Schmitt.


Voici également une petite BD illustrant merveilleusement bien les dégâts irréversibles causés par la pêche en eaux profondes :
http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html

A la fin de la BD, vous trouverez une pétition, adressée à M. François Hollande, à signer.
Extrait du blog de Pénélope Bajieu :
« La pétition, à relayer et à signer, est . Ça vaut le coup d’essayer, vous ne croyez pas ? Toutes les infos et tous les chiffres ont été fournis par l’association Bloom, rendez-vous sur leur site si vous voulez plus de précisions. »

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