A propos du foie gras…

Vivre en Harmonie

Archive 2013

POINT DE VUE

A propos du foie gras…

par Jean-Louis Schmitt

Comment ? Vous avez passé les fêtes sans foie gras ni caviar, ni dinde ni, ni, ni…. ? Mais est-ce seulement pensable ? Comme la table doit être triste chez vous !
Peut-être bien mais, « chez nous », on a un bonheur suprême : celui de ne contribuer d’aucune manière à tous ces horribles massacres perpétrés au nom de la « gastronomie », de la « fête » et autres « traditions » qui sont autant de prétextes à d’odieuses maltraitances en tous genres !

Cela peut paraître paradoxal (en fait, ça l’est bel et bien) mais, crise ou non, le commun des péquins ne semble pouvoir se passer de certains artifices qui doivent leur être hautement indispensables pour se prouver qu’ils existent pour de bon ! Il suffit d’observer les chalands fréquentant les grandes surfaces et de lorgner quelque peu sur le contenu de leurs caddies pour s’apercevoir combien est puissant, prégnant le besoin de consommer ! Ce comportement quasi compulsif ne fait évidemment pas dans la dentelle (je pense aux animaux…) : hors de question quoi qu’il en soit de se « priver » d’une quelconque façon, tel demeure manifestement le crédo du plus grand nombre !

Tenter de sensibiliser ces individus-là aux violences et aux sévices endurés par les bêtes pour produire des aliments tels que le foie gras s’avère de fait aussi antithétique que de vouloir à tout prix réunir l’eau et le feu ! Et pourtant… Pourtant, la raison d’être des défenseurs des bêtes pousse ceux-ci à ne pas baisser les bras et à dénoncer encore et encore l’intolérable : « savoir et ne rien faire » équivalant pour ces « combattants du bien » à un renoncement aussi inacceptable que les atrocités elles-mêmes infligées aux animaux !

Essayer de faire évoluer certaines consciences s’avère par conséquent une tâche laborieuse et considérablement ingrate tant les partisans de la « bonne chère » -comme ils aiment à dire- semblent persuadés que la simple démarche de consommer ce type de produits leur permet d’accéder à un monde, à un statut social qui leur paraitraient autrement interdits ! Comme si le fait de se goinfrer d’une nourriture vaguement onéreuse et, pour autant, non moins néfaste était susceptible de transformer sa condition et sa place dans la société ! Mais, qu’importe : qu’il s’agisse de gastronomes nantis ou bien plus modestes, cela ne change rien au sort des bêtes ! Pour elles, contraintes aux gavages et aux sévices inhérents, le dénouement sera la mort à coup sûr mais seulement après bien des souffrances… La démocratisation des produits en question n’aura d’effet que sur le nombre toujours croissant des suppliciés ! Pour ce qui est de la méthode, rappelons que « Le foie gras est l’organe malade d’une oie ou d’un canard, gavé de force plusieurs fois par jour au moyen d’un tube de métal de 20 à 30 centimètres enfoncé dans la gorge jusqu’à l’estomac. Pour contraindre son corps à produire du foie gras, l’oiseau doit ingérer en quelques secondes une quantité de maïs telle que son foie finit par atteindre presque dix fois sa taille normale…. » (1).

Ce gavage forcé est bien entendu un réel traumatisme pour ceux qui le subissent ! Un supplice intolérable répété trois à cinq fois par jour (2) et cela durant une période d’engraissement allant de 15 jours pour un canard et de 18 à 24 jours pour une oie ! Autant dire que, dans de telles conditions, le « produit » final (celui, tant convoité, qui arrive dans l’assiette des consommateurs) n’est qu’un inouï concentré de souffrance et… de maladie !

En effet « le foie gras est une maladie du foie, la « stéatose hépatique nutritionnelle », un processus pathologique donnant une hépatomégalie (foie énorme) qui se transforme à terme en hépatonécrose mortelle. Les animaux sont donc tués avant d’atteindre le stade où la maladie les emporte. Le palmipède peut également développer des infections secondaires, directement induites par le gavage, appelés « germes de sortie » comme des parasites, champignons, infections bactériennes. Ces maladies sont traitées par des médicaments qui, donnés peu de temps avant l’abattage, laissent des résidus chimiques dans le foie. Mais ce ne sont pas les seules. L’augmentation des élevages industriels a vu la croissance de nombreuses maladies, comme les maladies aviaires. » (3). Bon appétit donc aux amateurs qui, pour autant, ne manquent pas !

En dépit de cet argumentaire éloquent et précis, d’aucuns –en plus des producteurs eux-mêmes bien entendu- défendent bec et ongles cette activité, n’hésitant pas à déclarer que « non, les oies gavées ne sont pas maltraitées » ! Ainsi, selon Jacques Servière (chercheur à l’Inra et enseignant à AgroParisTech) (4), « les animaux n’ont pas de mouvement de recul devant le gaveur. S’ils avaient vécu une expérience malheureuse et eu peur ou mal, ils montreraient un mouvement de retrait. Non seulement ce n’est pas le cas, mais les oies peuvent, après une phase d’évaluation de la dangerosité, revenir spontanément vers leur gaveur. ».

En somme, selon ces éminences grises, c’est tout juste si les oies et les canards n’accourent pas vers leurs bourreaux en réclamant davantage de pitance encore ! Dans la majorité des cas, ils auraient d’ailleurs bien du mal à le faire puisqu’étant strictement enfermés dans de minuscules cages où tout mouvement leur est tout bonnement interdit et ce durant toute la période d’engraissement ! Que des scientifiques pondent de telles énormités n’est, par ailleurs, pas vraiment étonnant : les lobbies sont puissants en la matière et œuvrent dans l’ombre afin que nos politiques (ceux-là même qui font et défont les lois…) ne soient pas tentés de faire de notre pays une autre Californie où le foie gras est désormais interdit !

La France, c’est bien connu, est un pays où la gastronomie est quasiment érigée en richesse patrimoniale voire même pour certains en « patrimoine mondial », rien moins que cela : ce qui, la preuve, ne signifie pas forcément que les Français aient pour autant bon goût !

Quant à l’attention portée aux bêtes et à leurs conditions d’existence, ils préfèrent négligemment et très hypocritement… regarder ailleurs…

  1. http://www.stopgavage.com/manifeste
  2. Les canards mulards, hybrides stériles issus essentiellement de canards de Barbarie et de canes colvert représentent 95% des canards gavés (seulement 5% de « Barbarie » purs). Ils sont engraissés avec 800g journaliers, voire un peu plus, en deux fois.
    Sources : http://www.one-voice.fr/
  3. Ibid
  4. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/587013-foie-gras-interdit-en-californie-non-les-oies-gavees-ne-sont-pas-maltraitees.html

Sur le même sujet :
https://credopigeons.wordpress.com/2012/12/22/foie-gras-idees-recues-denis-vincenti/

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