Laissons la fourrure aux bêtes !

Vivre en Harmonie

Décembre 2013

POINT DE VUE

Laissons la fourrure aux bêtes !

par Jean-Louis Schmitt

Il y a moins d’une décennie et grâce principalement aux campagnes d’information sur les conditions d’élevage, d’abattage ou encore de piégeage des animaux à fourrure, l’idée de se vêtir et de s’exhiber paré de dépouilles de bêtes n’effleurait guère plus que quelques donzelles prétentieuses, vulgaires et considérablement nanties… On pensait alors l’industrie de la fourrure moribonde et on est passé à d’autres combats : ils sont si nombreux !

C’était penser se débarrasser un peu vite de cette pratique car, après avoir déserté les podiums, la fourrure revient en force. Pire : elle se démocratise de plus en plus et ce, particulièrement, grâce aux lobbys qui font le forcing aussi bien dans les milieux de la mode et des médias que dans les sphères politiques toujours enclines à favoriser certains copinages !
En dépit d’un contexte économique des plus défavorables, il faut bien se rendre à l’évidence : cette industrie cruelle et, qui plus est considérablement polluante, se porte on ne peut mieux… et, pour les défenseurs des bêtes, tout est malheureusement à refaire !

Pour certains milieux et classes sociales, la fourrure représente incontestablement un certain « luxe » qu’il est tendance d’exhiber à tout va ! Issus de pays émergents comme la Russie ou la Chine, ces « nouveaux riches » et autres classes moyennes particulièrement portées sur le paraître dopent considérablement un marché qui, de fait, n’attendait que cette minuscule étincelle pour repartir de plus belle… Très logiquement, les élevages – en Asie principalement – se sont multipliés : ainsi est-on passé d’une production de 800 000 visons par an à 8 ou même 10 millions ! Des chiffres effrayants qui sont peut-être largement sous-estimés puisque certaines sources évoquent quant à elles de 20 à 25 millions de peaux par an pour les seuls visons et, encore une fois, concernant uniquement l’Asie… ! Inutile pour autant de focaliser sur la Chine : il existe, chez nous aussi, des élevages d’animaux destinés exclusivement aux fourreurs et, quelle que soit leur origine, la cruauté endurée durant leur existence concentrationnaire ou lors de leur mise à mort demeure intolérable !

Ainsi faut-il savoir que les visons, animaux semi-aquatiques mais totalement privés de cet élément qui leur est pourtant indispensable, sont élevés dans des cages complètement grillagées [sol y compris] placées en batteries et ne disposant que du strict minimum vital tant en espace, nourriture ou eau ! C’est exactement le même processus que pour n’importe quel autre élevage intensif : il s’agit de placer un maximum de bêtes dans un minimum d’espace !
Les visons [ou les renards, les lapins…] subissent un entassement et une promiscuité insupportables d’où un stress permanent qui, c’est évident, finirait par avoir raison des captifs s’ils n’étaient pas exécutés bien avant… Les cas d’automutilation ou de cannibalisme [lorsque plusieurs animaux sont placés dans une même cage] ne sont pas rares dans ces conditions extrêmes !
Enfin, concernant la mise à mort : aucune précaution n’est évidemment prise pour éviter une souffrance supplémentaire aux malheureux ! En revanche, tout est fait afin que la précieuse fourrure subisse le moins de dommage possible lors du passage de vie à trépas des suppliciés : ce sera donc gazage pour les visons, électrocution pour les renards…
D’un point de vue environnemental, les élevages d’animaux pour l’industrie de la fourrure n’ont rien à envier aux autres élevages intensifs : la pollution des eaux est récurrente et les émissions d’ammoniac dans l’atmosphère sont considérables (1).

Si les « fermes d’élevage » – charmante dénomination pour ces unités d’élevage industriel – fournissent la plus grande partie des bêtes, il n’en demeure pas moins que « 15 % des 50 millions d’animaux nécessaires à la fabrication de vêtements sont prélevés dans la nature et donc victimes de piégeage » (2) ! Cela suppose des agonies atroces plus ou moins longues et, bien évidemment, une perte considérable et irremplaçable pour la biodiversité.

Les chats et les chiens aussi…

Peu de gens le savent mais, les canidés sont également victimes de cette mode stupide de la pelleterie. Ainsi, « la majorité des cols et capuches en fourrure sont en coyotes ou chiens viverrins tués dans des conditions effrayantes en Chine. Les étiquettes sont peu informatives, les noms d’emprunt sont courants afin de ne pas trop effrayer l’acheteur qui, c’est un comble, ignore souvent porter de la fourrure véritable.» (3). Ailleurs, vols et trafics de chiens et de chats sont communs pour alimenter cette industrie décidément très florissante : « … J’ai pu en faire la démonstration en commandant des peaux de chats provenant d’une tannerie suisse, le but étant de démontrer les failles du système douanier. » (4).

Bref, qu’elle soit vraie ou prétendument fausse, ne cautionnez sous aucun prétexte l’industrie abjecte de la fourrure !

  1. Une étude universitaire révèle que les excréments des 2,81 millions de visons élevés aux Etats-Unis en 1999 ont produit près de 1000 tonnes de phosphore que l’on retrouve dans l’écosystème. Voir également http://aequoanimo.com/animaux/elevage_animaux_fourrure.html
  2. Source : One Voice (http://www.one-voice.fr/?s=fourrure)
  3. Christophe Marie de la Fondation Bardot dans le Nouvel Observateur du 03/01/2013 (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/752205-la-fourrure-revient-en-force-l-opinion-publique-doit-combattre-cette-mode-cruelle.html)
  4. Ibid. ci-dessus.

A savoir ! Pour fabriquer un seul manteau, plusieurs peaux sont nécessaires et donc plusieurs animaux : 12-15 lynx, 10-15 loups ou coyotes, 15-20 renards, 60-80 visons, 27-30 ratons laveurs, 10-12 castors, 60-100 écureuils…

Fin de la lettre.


Voir aussi :
http://credopigeons.fr/2012/12/22/ferme-elevage-fourrure-video-choc/

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