Animaux en péril…

Photo d'un lynx boréal. Copyright 2014 JLS

Lynx boréal. © JLS, 2014

Malgré son statut « d’espèce protégée », le Lynx boréal, un des plus grands prédateurs de notre pays réintroduit dans les Vosges au début des années 70, a semble-t-il à nouveau disparu, victime d’un braconnage intensif. Photo : © JLS, 2014.


Vivre en Harmonie

Novembre 2014

POINT DE VUE

Animaux en péril…

par Jean-Louis Schmitt

Depuis des temps immémoriaux, des espèces animales et végétales sont apparues tandis que d’autres disparaissaient ! Ainsi en fut-il pour les dinosaures il y a quelque 65 millions d’années, qui laissèrent – certes bien involontairement – la place aux mammifères et donc à nous autres les humains…

Si des périodes d’extinction de masse font par conséquent partie intégrante du processus de l’évolution, celle que nous vivons actuellement et qui menace directement environ 16 928 espèces sur les 44 838 recensées (1) n’a rien de naturel et est directement imputable à l’action de l’homme !

Selon certains chercheurs, la période d’extinction en cours, démarrée avec les glaciations du quaternaire, s’est considérablement accélérée voici 11 000 ans. Ainsi, la disparition des mammouths, victimes d’une chasse sans merci, préfigurait-elle un déclin rapide et inexorable de nombreuses autres espèces : pas moins de 151 catégories de vertébrés supérieurs auraient ainsi disparu par la faute de l’homme en l’espace des quatre derniers siècles seulement, exterminées principalement suite à une chasse intensive !

S’il est généralement admis qu’au cours des périodes géologiques, pas plus d’une espèce de vertébrés disparaissait tous les 50 à 100 ans, il apparaît qu’au cours des 400 dernières années la vitesse d’extinction a atteint la moyenne d’une espèce tous les 2,7 ans… En somme, le rythme de disparition des espèces est actuellement environ 1 000 fois supérieur que le rythme considéré comme « naturel » !

Les causes d’extinction.

Il y a quelque 65 millions d’années, ce sont probablement les conséquences d’un impact d’astéroïde avec la Terre qui fut la cause de la disparition des dinosaures : d’autres cataclysmes et catastrophes naturelles y ont probablement contribué aussi…

Actuellement, les prélèvements stupéfiants de plantes, la chasse, la pêche, la destruction systématique des habitats, l’activité humaine dans sa globalité, sont les raisons principales de ces extinctions massives !

Toutefois, si les causes sont désormais très clairement identifiées, pour autant les « Sommets de la Terre », rencontres décennales organisées par l’ONU depuis 1972 (2), peinent manifestement à trouver et à mettre en œuvre une stratégie commune et efficace susceptible de freiner un tant soit peu le processus qui semble s’emballer un peu plus à chaque tour de cadran ! Le temps presse indéniablement. Pour autant, on palabre indéfiniment, on promet des actes et, finalement… rien ou quelques vagues mesurettes sans le moindre effet concret !

Et le temps passe ainsi…

Selon deux scientifiques américains (James Kirchner – université de Californie, Berkeley – et Anne Weil – université Duke, Caroline du Nord) qui étudient les fossiles et plus particulièrement le rapport entre extinction et repeuplement, « la reconstruction de l’écosystème prend toujours environ 10 millions d’années, quelle que soit la sévérité de l’extinction qui l’a précédée ». En résumé, ce que l’homme actuel détruit à tour de bras et a priori sans le moindre état d’âme est définitivement perdu !

Comme le précise Thom Hartmann, l’auteur des Dernières heures du Soleil ancestral (3), « la diversité est un gage de survie. Nous vivons en interdépendance avec la nature : les plantes ont besoin des animaux et des hommes, et les hommes ont besoin des plantes et des animaux. On estime qu’une espèce disparaît normalement tous les quatre ans. On massacre les phoques, on ébouillante les chiens et les chats, on fait des expériences scientifiques cruelles, voire mortelles sur les lapins et les singes… Mais depuis que l’homme détruit abondamment la nature, essentiellement au vingtième siècle, on estime que près d’un quart de toutes les espèces végétales et animales de la planète a disparu. S’il ne réagit pas, c’est l’homme qui, bientôt, sera menacé d’extinction ! ».

C’est une évidence : l’homme, comme tous les autres mammifères, est fatalement condamné à disparaître ou à évoluer ! À l’échelle du cosmos, cela devrait prendre encore quelques millions d’années… Mais, voilà qui est sans compter sur son authentique nuisibilité et capacité d’autodestruction !

Bref, je ne sais pas trop où on va mais, en tout cas on s’y précipite…

Braconnage intense.

Les rhinocéros en Afrique du Sud, les éléphants en Afrique centrale, les tigres en Asie, les lions en Afrique de l’Ouest… Tous ces animaux sont victimes d’un intense braconnage qui provoque un dramatique effondrement de leurs populations. Les raisons de ces trafics sont bien connues : la demande – principalement asiatique – en corne et en os pour leurs prétendues vertus thérapeutiques, continue de battre des records : résultat, les produits en question valent souvent plus cher que l’or ! Le trafic est par conséquent particulièrement juteux et les braconniers ne reculent devant rien pour alimenter leurs nombreux réseaux (4)… Lourdement armés face à des gardes souvent impuissants, c’est une véritable guerre de destruction à laquelle se livrent les chasseurs en question ! Les gouvernements, s’ils ne sont pas laxistes, semblent aussi démunis que les quelques gardes chargés de veiller sur la faune locale…

Mais, inutile de se voiler la face : chez nous, ce n’est pas beaucoup mieux : ainsi, malgré l’interdiction officielle, le braconnage du bruant ortolan (Emberiza hortulana) se poursuit encore et toujours dans les Landes.

Depuis plusieurs années, une tolérance (totalement illégale) permet aux braconniers landais de capturer vivant ce migrateur lors de son long voyage. Tous les pauvres oiseaux attrapés sont ensuite engraissés pendant trois à quatre semaines, dans le noir complet, pour être finalement noyés dans un verre d’Armagnac. Puis ils seront vendus environ 100 € pièce à des restaurateurs ou autres réseaux qui alimenteront, pour bien plus cher encore, les tables des plus fortunés. Enfin, ces oiseaux seront avalés entiers dans un pseudo-rituel ridicule (5).

Et les pigeons ramiers en Ardèche, les tourterelles des bois dans le Médoc, les rouges-gorges dans le Sud, les loups, les lynx…

  1. Oiseaux, mammifères, amphibiens, tortues… selon la dernière liste rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) établie en 2008.

  2. Le premier sommet a eu lieu à Stockholm (Suède) en 1972, le deuxième à Nairobi (Kenya) en 1982, le troisième à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, et le quatrième à Johannesburg (Afrique du Sud) en 2002. Le dernier sommet, dit aussi « Rio + 20« , s’est tenu pour la seconde fois à Rio de Janeiro, en juin 2012…

  3. « Les dernières heures du Soleil ancestral : Agir pour une transformation personnelle et globale » de Thom Hartmann (Ariane Éditions), 1999.

  4. http://www.planetoscope.com/biodiversite/126-disparition-d-especes-dans-le-monde.html

  5. Source :
    http://www.aspas-nature.org/6618/braconnage-des-ortolans-la-france-bientot-condamnee/

Publicités
Cet article, publié dans Courriers, Non classé, Vivre en Harmonie, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s