Expérimentation animale et recherche biomédicale…

Vivre en Harmonie

Mars 2015

POINT DE VUE

Expérimentation animale et recherche biomédicale…

par Jean-Louis Schmitt

Vivisection : nf (latin vivus, vivant, et section) dissection opérée sur un animal vivant… Nom donné aux opérations pratiquées sur des animaux vivants, soit à titre d’expériences physiologiques, soit pour juger la valeur d’une opération nouvelle à pratiquer sur l’homme, soit pour habituer les élèves vétérinaires, ou en médecine, à conserver le sang-froid nécessaire pendant toute opération à la vue du sang… Voici pour la définition officielle du terme que l’on pourrait également traduire – et beaucoup plus simplement – par : torture animale !

Situé en Alsace, à proximité de Strasbourg (1), un projet d’agrandissement d’un élevage de primates destinés à l’expérimentation animale relance le débat sur cette pratique hélas toujours très courante et non moins abondamment contestée ! L’élevage en question, implanté depuis les années soixante-dix dans la région, devrait accueillir quelque 1 600 singes de différentes espèces si, bien entendu, les promoteurs du projet obtiennent toutes les autorisations requises… Ce qui n’est pas gagné car, en 1997 déjà, ce même organisme avait déposé un projet d’ouverture d’une structure identique à Holtzheim (Bas-Rhin) qui avait soulevé une vague de protestations et de manifestations et que le ministère de la santé avait finalement rejeté au motif que le primate n’était pas un modèle biomédical fiable pour l’homme ! Sage décision… Pour autant, ne nous réjouissons pas trop tôt car, comme on peut le constater, les partisans de ce type d’expérimentations ne lâchent jamais : en effet, après l’échec de 1997/1998, un nouveau dépôt de demande a été effectué en 2009, suscitant là encore la réprobation de nombreux mouvements militant pour les droits des animaux ! En dépit de ces réactions hostiles, l’autorisation d’agrandissement de l’actuel centre a finalement été accordée en juillet 2014, permettant officiellement à l’établissement de doubler sa capacité d’accueil soit de passer de 800 à 1 600 animaux !

Pro Anima dénonce

C’est cet arrêté préfectoral que dénonce l’ONG Pro Anima en lançant une pétition nationale de protestation (2). Sylvia Hecker de la délégation alsacienne du Comité Scientifique Pro Anima martèle quant aux expérimentations animales : « Celles-ci ne sont pas scientifiques ! L’association privilégie les expérimentations sur les cellules car le primate n’est pas un modèle biomédical pour l’homme », ce en quoi elle rejoint l’opinion de l’ensemble des mouvements opposés à cette pratique unanimement condamnée et considérée comme « un des pires enfers infligés par l’homme aux animaux » ! Dans son communiqué, Pro Anima insiste : « Les objectifs scientifiques ne sont pas fiables, car aucune espèce ne pouvant être prise comme modèle biologique d’une autre, le recours au modèle animal (contesté par un nombre croissant de chercheurs) est non seulement contre-productif, mais les effets secondaires des médicaments issus de l’expérimentation animale peuvent mettre en danger la vie des citoyens et ont ainsi provoqué en France, en 2013, 140 000 hospitalisations et 13 000 décès avérés (selon les informations de l’Assurance Maladie). C’est aussi un problème éthique inacceptable, car rien ne justifie d’infliger des souffrances à ces animaux ». Cela d’autant plus qu’il est désormais établi et prouvé scientifiquement « que les mammifères, et a fortiori nos proches cousins les singes, partagent les mêmes émotions que nous » (3).

Antidote Europe ne dit pas autre chose

En 1997, Antidote Europe (association sans but lucratif créée par des chercheurs issus du CNRS) était également présente sur place contre le projet de Holtzheim. Le Dr Claude Reiss déclarait alors : « qu’étudier sur le modèle singe –ou tout autre « modèle animal »– des questions concernant la santé humaine n’a pas de sens, car il est prouvé rigoureusement qu’aucune espèce n’est un modèle biologique pour une autre (une conséquence immédiate de la définition d’une espèce) ». Cet argument avait convaincu les autorités locales à ne pas financer le projet. Confronté lors d’un débat télévisé sur FR3 à un chirurgien qui s’apprêtait à pratiquer des xénogreffes prélevées sur des singes, il l’informait qu’il s’exposait à de graves risques, puisque ces animaux sont porteurs de variétés de virus herpès qui tuent irrémédiablement, en trois jours, l’homme qui en est infecté. Ces arguments sont évidemment toujours d’actualité. Notre « meilleur modèle » possible, le chimpanzé qui est notre plus proche cousin dans l’évolution, est immunisé contre le SIDA, peu incommodé par le virus de l’hépatite B et succombe au virus Ebola, soit respectivement des réactions opposées, différentes et semblables à celles de l’homme, ce que personne ne pouvait prévoir avant les observations sur l’homme. De fait, « Antidote Europe attire l’attention sur les graves dangers à supposer valides pour l’homme des données obtenues sur des singes et autres animaux. En France, on dénombre des milliers de morts et d’hospitalisations par an à cause d’effets secondaires de médicaments, pourtant tous longuement testés et validés sur des « modèles » animaux. Avant d’autoriser et encourager des installations où se pratiquent des tests sur animaux « modèles » de l’homme, les autorités sanitaires devraient s’interroger sur le bien-fondé de ces tests et leurs bénéfices pour l’homme. Nous avons proposé il y a deux ans d’en débattre publiquement, mais jusqu’ici ces autorités se sont dérobées » (4). L’expérimentation animale est, nul ne peut et ne doit l’ignorer, une pratique barbare d’un autre âge ! Si la recherche scientifique doit certes permettre de faire reculer la maladie, la souffrance et la mort, il serait grand temps, pour autant, que l’on cesse de considérer les animaux comme de simples « matériels de laboratoire » que l’on martyrise scandaleusement : ils sont plus de 12 millions à être utilisés à des fins expérimentales dans l’Union européenne – mais principalement en France, au Royaume-Uni et en Allemagne – et donc à être manipulés comme de vulgaires éprouvettes, torturés, suppliciés et, dans la plupart des cas, finalement euthanasiés… Tout cela au nom d’une science qui, pourtant, dispose désormais de moyens de substitution comme la biologie moléculaire, les cellules souches… du reste moins coûteuses et nettement plus fiables que le « modèle animal » ! Notre conscience ne peut accepter ni cautionner cette immonde pratique qu’est l’expérimentation animale ! Cela commence par le refus inconditionnel des élevages pourvoyeurs de « chair fraîche » qui sont une facette obscure volontairement dissimulée au grand public de ce scandale qui perdure malgré les multiples griefs qui lui sont reprochés. La raison en est toute simple : qu’il s’agisse d’élevages officiels ou de trafics illégaux, le commerce d’animaux destinés à la recherche est hélas aussi opaque qu’il est lucratif…

« Non seulement vous n’apprendrez pas par ce moyen [l’expérimentation animale. NDLR] la véritable technique chirurgicale, mais il fera de vous un chirurgien dangereux, car la vivisection apprend à ne pas respecter la chose qu’un chirurgien digne de ce nom doit respecter avant tout : la vie. Cette méthode, d’ailleurs, ne peut que déformer le caractère, elle apprend au chirurgien à tenir la douleur pour négligeable et l’éloigne de cette compassion qui doit le porter à éviter les souffrances à son malade. » Abel Desjardin, chirurgien en chef du Collège de la Chirurgie de la Faculté de Paris.

  1. SILABE (Simian Laboratory Europe), Centre de Primatologie, est situé au Fort Foch à Niederhausbergen dans le Bas-Rhin.
  2. Plus de 54 000 signatures recueillies à ce jour ! Contact : COPRA 14 rue des Ormes 67200 STRASBOURG ou pro.anima67 (_AT_) orange.fr
    La pétition peut être signée en ligne : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/refusons-ouverture-extension-elevage-1600-primates/13210
  3. Communiqué CVN (Convention Vie et Nature) du 17 janvier 2015. http://www.ecologieradicale.org/
  4. Pour plus, voir le site d’Antidote Europe :
    http://antidote-europe.org/singeries-niederhausbergen/

NB : Des versions imprimables (au format PDF) de la pétition en français, en allemand et en anglais sont proposées au téléchargement sur le site du Collectif pour le Respect de l’Animal (COPRA) : http://copranimal.free.fr/

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