Cirques et paillettes : ce qui se cache derrière !

Vivre en Harmonie

Mars 2016

POINT DE VUE

Cirques et paillettes : ce qui se cache derrière !

par Jean-Louis Schmitt

Quel œil d’enfant n’a pas pétillé lorsqu’un cirque était annoncé ! Assister au spectacle était bien plus qu’une récompense : c’était un rêve qui se réalisait, la magie d’une piste aux étoiles qui, enfin, se concrétisait…

Ah ! Le cirque ! Son chapiteau. Sa caravane. Ses clowns. Ses acrobates… Et sa ménagerie !
S’il est un point majeur qui divise les « pro- » et les « anti- » cirques, c’est bien la présence d’animaux –souvent exotiques-, leurs conditions de détention et les numéros grotesques qui leur sont invariablement imposés ! Le public, les enfants en priorité, applaudit et en redemande… Mais, quant à savoir ce qui se cache derrière tout cela, c’est une toute autre histoire et elle n’a rien de comique !

Il serait certes injuste de mettre tous les professionnels du spectacle dans le même sac. Pour autant, ne nous voilons pas la face : hors de leur contexte et milieu naturel, les animaux sauvages sont forcément condamnés à un enfermement et à des conditions de détention bien souvent déplorables, voire catastrophiques ! Des associations dénoncent ainsi des cages souvent exiguës à l’hygiène très approximative, les animaux n’en sortant que pour travailler… Les besoins vitaux des détenus ne peuvent évidemment pas être satisfaits et, si les lions, originaires de pays au climat chaud, souffrent en toute logique du froid lors des tournées, d’autres, comme les ours, sont au contraire considérablement indisposés par la chaleur…

Autre point d’achoppement -et non des moindres- : le dressage ! Il existe, en la matière, une abondante littérature et les témoignages éloquents quant à la réalité des faits ne manquent pas ! En résumé, pour arriver à un résultat satisfaisant, les dresseurs et autres dompteurs ne disposent que de moyens très limités : les coups et autres sévices corporels (fouet, lasso, barre de fer, pointes piquantes, utilisation du feu) et les violences psychologiques comme la privation de nourriture ou l’enfermement de longues heures durant dans le noir !

Afin d’arriver à l’aboutissement des numéros présentés –des tours où généralement l’animal est ridiculisé et mis dans des situations souvent totalement saugrenues-, c’est donc une somme monstrueuse de souffrance qui est nécessaire ! Le public l’ignore –ou feint de l’ignorer- et applaudit à tout rompre, vacarme qui, ajouté aux autres bruits permanents du spectacle, stresse considérablement les bêtes captives !

Seul le naïf peut imaginer que tout cela se fait en douceur, grâce notamment à une formidable complicité entre le dresseur et ses bêtes de foire, et que les animaux présentés sont heureux –notion qui leur est du reste totalement inconnue- de s’exhiber de la sorte, de sauter à travers des anneaux en feu, de s’asseoir sur un tabouret, de saluer, de faire le clown…

Parfois, les malheureux, excédés par leur épouvantable condition d’existence, craquent et c’est la catastrophe : l’accident (1) ! « Les risques du métier » dira-t-on alors, fataliste, ou encore invoquera-t-on un « coup de folie » imprévisible, ce qui est absurde puisque l’animal en révolte n’aura fait qu’essayer de se soustraire à la folie de l’homme qui, jour après jour, le contraint à effectuer des numéros et gestes contre nature ! L’attitude de révolte est non seulement parfaitement prévisible mais, au contraire, logique pour tenter d’échapper à ses bourreaux…

Une note d’espoir…
Grâce à la médiatisation de ces faits cruels et barbares, certaines consciences s’éclairent progressivement ! Le combat est certes loin d’être gagné, tant certaines pratiques ont la vie dure, mais les choses avancent et ce, particulièrement, grâce à la pugnacité de certaines associations (2) qui, inlassablement, tentent de faire connaître la réalité endurée par les animaux captifs des cirques.

Si la France est, comme bien souvent en matière de protection animale, très frileuse et hésitante à légiférer sur le sujet, certaines initiatives locales voient néanmoins des municipalités refuser l’installation de cirques utilisant des animaux sauvages pour leurs spectacles : ainsi Bagnolet, Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), Bessancourt (Val d’Oise), Vernaisson et Chassieu (villes du Grand Lyon), Creil dans l’Oise, Illkirch (Bas-Rhin), La Trinité, Porte-lès-Valence (Drôme), Roncq dans le département du Nord-Pas-de-Calais, Roquebrune-sur-Argens (Var), Vourles, Yerres… sont à citer pour leur exemplarité !
Montreuil (Seine-Saint-Denis) fait également partie de ces villes qui « résistent ». Fabienne Vansteenkiste, adjointe déléguée à l’espace public s’en explique : « La commune de Montreuil interdit depuis 2009 la présence sur son territoire de cirques présentant des animaux sauvages. Nous avons jugé juste cette décision au regard de la maltraitance dont ces bêtes sont victimes : elles vivent dans des cages trop petites et sont brinquebalées de ville en ville dans des conditions sanitaires déplorables. (…) Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une réflexion globale sur la présence de l’animal en ville. À Montreuil, dans le parc des Beaumonts, on peut observer les animaux qui vivent sur notre territoire : grenouilles, oiseaux, insectes… Faisons en sorte que la biodiversité soit la moins artificielle possible. Le cadre naturel d’un éléphant, ce n’est pas de vivre en France. Les cirques donnent aux enfants une image faussée de l’animal : dans la savane, un éléphant ne va pas s’asseoir sur son derrière pas plus qu’un lion ne va sauter dans un cerceau en feu. Si la faune africaine les intéresse, il est préférable qu’ils regardent des reportages animaliers à la télévision plutôt que de voir une bête faire des choses anormales pour elle ». (3)

En Europe, la Grèce est l’État le plus radical, puisque plus aucun animal n’est toléré sous les chapiteaux. L’Autriche a interdit de son côté les animaux sauvages, tandis que l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie ou la Suède ont pris des mesures partielles qui n’interdisent que l’exploitation de certaines espèces. Des interdictions existent également en Bolivie et au Costa Rica. (4)

Des cirques, OUI…
Mais sans animaux !

À l’instar du Cirque Plume (qui existe depuis plus de 30 ans) ou le Cirque du Soleil, d’autres établissements du même genre, garantis 100 % sans animaux, sans violence et sans captivité, tournent et fonctionnent magnifiquement bien (5) !
Comme quoi, avec des artistes ayant un authentique talent, le recours à l’esclavage animal est inutile pour connaître un succès bien mérité par ailleurs… Qu’on se le dise !

  1. Quelques accidents de cirque listés ici :
    http://www.nonauxcirques.qc.ca/accidents.html
  2. Voir entre autres les actions d’Animalsace [http://www.animalsace.org/] ou encore de Code Animal [http://www.code-animal.com/] très engagées sur cette problématique.
  3. Le Parisien (11 décembre 2012)
  4. Source : France Culture (3 janvier 2014)
  5. Consultez la liste non exhaustive de One Voice de ces cirques d’un genre nouveau : https://www.facebook.com/note.php?note_id=350562050133
Publicités
Cet article, publié dans Courriers, Non classé, Vivre en Harmonie, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s